07/04/2026
Un bel exemple qui démontre que personne n’est à l’abri et que même les grandes institutions peuvent avoir des lacunes en matière de cybersécurité.
La majorité des PME au Québec n’ont pas les outils nécessaires pour détecter ou bloquer une cyberattaque.
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Un groupe de cyberpirates russes est parvenu à contrôler les pompes, le dosage de chlore, les réglages de pression et les systèmes de surveillance et d’alerte d’une installation municipale de traitement de l’eau du Québec.
C’est ce qu’indique le Centre de la sécurité des télécommunications (CST) dans son rapport annuel publié lundi. Au total, en 2025-2026, le CST a enregistré plus de 3200 cyberincidents touchant des institutions fédérales et les secteurs des infrastructures essentielles.
Dans un des cas cités dans ce rapport, le CST affirme avoir été informé, le 7 octobre 2025, que le groupe de cybercriminels russe NoName avait réussi à accéder « à une installation municipale de traitement de l’eau du Québec » et que cet accès non autorisé « lui a donné notamment la capacité de contrôler secrètement les pompes, le dosage de chlore, les réglages de pression et les systèmes de surveillance et d’alerte ».
Le rapport ne précise toutefois pas quelle municipalité québécoise a été visée.
Notons par ailleurs que ce n’est pas le CST qui a détecté cette intrusion, mais le groupe d’intervention en cas d’incident de cybersécurité des États-Unis, le CSIRTAmericas.
Le CST dit avoir pu « évaluer rapidement la menace » et « coordonner les efforts d’atténuation et réduire les risques à la sécurité publique ».
« Motivations financières »
Selon le Département de la Justice des États-Unis, NoName est un groupe de cybercriminels financé par le gouvernement russe qui cible régulièrement les adversaires de Moscou et s’en prend notamment aux réseaux nord-américains de traitement de l’eau.
Dans son rapport, le CST indique que les infrastructures du secteur de la gestion de l’eau au Canada « sont maintenant confrontées à des risques auxquels elles n’étaient pas préparées à l’origine » et que de telles perturbations « peuvent avoir un effet domino sur d’autres secteurs ».
Le CST estime que les cybercriminels ayant « des motivations financières » représentent « la cybermenace qui risque le plus de perturber les systèmes de gestion des eaux ».
Leurs objectifs consistent souvent à extorquer de l’argent aux propriétaires des systèmes ou à conserver cet accès comme une menace potentielle en cas de conflit entre leur pays et le Canada.
« Groupe extrémiste étranger »
Dans son rapport annuel, le CST indique également avoir mené des actions offensives et défensives afin de perturber les activités d’« un groupe extrémiste étranger qui propageait une idéologie violente » et qui cherchait à recruter des Canadiens, sans donner plus de détails.
De façon générale, l’agence canadienne de cybersécurité affirme avoir constaté cette année « une augmentation du nombre de vulnérabilités et leur gravité », avec une augmentation du nombre d’alertes (25) et d’avis (995), en hausse de 25 % et de 28 % respectivement par rapport à l’année financière 2023-2024.
ALEXANDRA LOPIS
Le Journal de Montréal