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SENEGAL-FLEUVE-CRUE / Matam : des habitants de Gourel Défa évacuent leurs maisons à cause de la montée des eaux du fleuv...
21/10/2024

SENEGAL-FLEUVE-CRUE / Matam : des habitants de Gourel Défa évacuent leurs maisons à cause de la montée des eaux du fleuve
Gourel Défa (Matam) – Beaucoup d’habitants de Gourel Défa, un quartier de la commune de Matam (nord), ont commencé à quitter leurs maisons, à cause des inondations causées par la montée des eaux du fleuve Sénégal, a constaté l’APS.

La digue de protection, qui le ceinture, n’a en effet pas tenu face à la crue déferlante. Les eaux ont envahi ce quartier situé au bord de la route principale menant vers Diamel, un autre quartier de Matam.

À Défa, les maisons sont espacées les unes des autres de plusieurs mètres. Des concessions de fortune côtoient des bâtiments en dur en construction.

Certains de ces bâtiments, déjà prêts à être habités, sont pourtant vides et fermées à clé. D’autres constructions sont au stade des fondations. Quelques-unes d’entre elles sont entièrement envahies par les eaux.

Kadia Sow, une habitante du quartier, est obligée de patauger avec ses trois enfants pour sortir de sa maison. C’est la seule manière pour elle de rejoindre la route principale du quartier afin d’aller vaquer à ses occupations.

Derrière elle, sa fille cadette crie de toutes ses forces, devant l’impossibilité pour elle de suivre le rythme de sa mère.
Cette dame d’une quarantaine d’années vit sous les eaux depuis plusieurs jours. Sa maison, comme beaucoup d’autres de ce quartier de la commune de Matam, sont à la merci des eaux du fleuve. Celles-ci ne cessent en effet de monter et ont dépassé la cote d’alerte de 8 mètres à la station de Matam.

Elle dit avoir déjà fait ses bagages et s’apprête à quitter la demeure familiale en compagnie de ses enfants.

”Un de mes fils est parti hier. Mon mari est allé chercher un endroit où il pourra habiter le temps que la situation revienne à la normale. Moi, je vais rejoindre ma famille à Tiguéré”, explique-t-elle.

Une ampleur inédite

Et comme à l’ordinaire depuis quelques jours, Gourel Défa s’est réveillé en cette matinée au milieu des eaux qui l’encerclent de partout.

Sur une charrette, des femmes s’apprêtent à quitter les lieux pour se rendre au marché central de Matam, où elles mènent des activités commerciales.

À l’évocation de la question des inondations dans leur quartier, elles décident aussitôt de descendre de la charrette, un moyen de locomotion très prisé dans cette partie de la commune de Matam, pour parler de leur situation.

De mémoire de ses habitants, Gourel Défa n’a jamais été confronté à des inondations d’une ampleur aussi grande que celle de cette année.

”J’habite ici depuis plusieurs années, mais je n’ai jamais connu cette situation. La montée des eaux n’a jamais créé des inondations dans ce quartier”, déclare Marième Diaw, une habitante de Gourel Défa d’un âge avancé.

Pendant qu’elle parle, d’autres femmes sinistrées accourent pour l’entourer, comme pour mieux conforter ses propos.

Non loin de la maison de Kadia Sow se trouve une autre concession totalement inondée. Ici, l’eau s’est arrêtée juste à l’entrée du bâtiment principal. Les toilettes, situées en dehors de la bâtisse, sont également envahies par les eaux, de même que les alentours du puits.

Une résidente marche pieds nus sur plusieurs mètres avant d’atteindre la terre ferme.

En face, un bâtiment en construction devant abriter des bureaux de la Douane n’est pas, non plus, épargné.

Pour le jeune Abdourahmane Diop, qui s’active dans le transport fluvial entre Matam (Sénégal) et Réwoyel (Mauritanie), les habitants du quartier n’ont d’autre choix que de déménager.

”Beaucoup d’habitants ont quitté le quartier pour aller trouver des logements à Soubalo [quartier de Matam] ou ailleurs. Nous n’avons jamais vécu une situation pareille depuis que j’habite ici”, souligne-t-il.
APS

SENEGAL-INONDATIONS-PERSPECTIVES / La crue du fleuve Sénégal, une opportunité pour la revitalisation des terres du Gandi...
21/10/2024

SENEGAL-INONDATIONS-PERSPECTIVES / La crue du fleuve Sénégal, une opportunité pour la revitalisation des terres du Gandiol (producteurs)
Saint-Louis, 20 oct (APS) – Des producteurs du Gandiol invitent les pouvoirs publics à saisir l’opportunité de la crue du fleuve Sénégal pour reverdir ce terroir traditionnel de la région de Saint-Louis, jadis réputé pour ses potentialités en maraîchage mais qui a depuis perdu l’essentiel de ses surfaces cultivables.

“Le Gandiolais, qui couvre une partie des communes de Rao, Gandon, Ndiébène Gandiol, Léona, etc. était jadis une zone maraichère mais il a perdu 90 pour cent de ses terres cultivables par les effets néfastes du barrage de Diama en 1986 et du canal de délestage en 2003”, affirme Mamadou Lamine Diop, membre d’un collectif de producteurs de ce terroir traditionnel.

Il estime toutefois que ce problème “peut être résolu avec l’opportunité que constituent ces crues sur le fleuve Sénégal”, en revitalisant d’anciennes surfaces cultivables.

Mamadou Lamine Diop s’entretenait avec une équipe de journalistes en déplacement dans la zone de ce canal de délestage, à hauteur de la commune de Rao, dans la région de Saint-Louis.

Ce canal qui part de Ndialalhar a été aménagé sur 8 km. Les producteurs souhaitent qu’il soit prolongé jusqu’à Leona.
Selon lui, les emplois indirects pouvant résulter de la revitalisation de certaines surfaces cultivables, ajoutés aux retombées des autres activités connexes, peuvent inciter les jeunes candidats à l’émigration clandestine à “renoncer à cette aventure”.

Il s’y ajoute que cela “pourrait avoir des effets bénéfiques sur l’élevage avec la culture fourragère, la pêche et l’aquaculture”, a-t-il indiqué.

“Nos jeunes sont à Kafountine pour évoluer dans le secteur de la pêche, et avec cette opportunité ils pourraient revenir”, a-t-il ajouté.
El Hadj Niang, également producteur et membre du même collectif, a regretté que “par le passé, des promesses ont été faites de continuer ce canal jusqu’à Léona, mais jusqu’ici, rien n’a été fait, et aujourd’hui, le trop plein d’eau est perdu”.

Or, affirment ces producteurs, prolonger ce canal de délestage “ne nécessite pas beaucoup d’ingéniosité, car la zone est un lit naturel du fleuve Sénégal”.

“Il suffit juste de creuser quelques centimètres de profondeur et de couvrir la zone de 15 km reliant son point de chute actuelle à la zone maraichère”, précise Cheikh Diop.

Cerise sur le gâteau, une telle opération contribuerait à renforcer le sentiment de sécurité chez es populations de Saint-Louis qui ne craindraient plus d’être envahies par les eaux du fleuve, selon ces producteurs.
APS

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