11/04/2023
1092- Voici comment depuis 1896, la politique que la France applique en Afrique aujourd'hui était à l'origine conçue pour appauvrir plutôt la Chine et les Chinois (plus malins que les Africains).
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(A propos de la leçon d'intelligence économique et stratégique n° 1090 de Jean-Paul Pougala, publiée dans son intégralité de 35 pages hier vendredi le 7 avril 2023 sur www.pougala.net)
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Hier 7 avril 2023, vous avez été très nombreux sur cette salle de classe à m'interpeler sur un extrait de la leçon n° 1090. Et c'est parce que cet extrait me semble le plus important de la leçon que je le re-publie séparément aujourd'hui ci-dessous afin que chaque africain comprennent l'importance d'agrandir ce texte, de l'imprimer pour l'offrir à toute sa descendance, pour que tous sachent comment la France et le Royaume Uni les voient et surtout, ce qu'ils ont préparé pour les tenir de façon perpétuelle dans la pauvreté.
Si les Occidentaux ont offert 100 milliards de dollars à l'Ukraine en 2022, c'est-à-dire, en une seule année, c'est bien la preuve qu'ils n'ont jamais eu l'intension de nous aider et la raison est expliquée dans cet article du 23 juillet 1896 publié par un certain Nestor dans le quotidien L'Echo de Paris; Et cela tient en très peu de leçons :
1) Il faut éviter de vendre les armes aux africains et surtout, il ne faut pas leur donner les moyens pour en acheter.
Sinon, on se retrouverait dans la situation des Ethiopiens qui ont défait les italiens et des Herero qui ont contraint les Allemands à passer par un génocide pour les neutraliser et laisser l'Allemagne contrôler la Namibie.
2) Il faut amener les colonisés à porter les frocs (devenir des prêtres et Pasteurs) pour faire la messe à leurs semblables.
Certains politiciens africains (comme Kamto au Cameroun) croient par erreur et affirment dans des discours publiques que la colonisation était un incident de l'histoire.
Ce texte qui parle de la colonisation de la Chine, et qui a été appliqué avec plus de succès en Afrique qu'en Chine, montre que pas du tout. Tout a été réfléchi, pensé, programmé avant d'être mis en application.
Nestor a raconté dans les détails la vie des africains d'aujourd'hui.
Il trouve que les chinois sont "réfractaires" au mode de vie à la française et donc, (le contraire des africains) et par conséquent, il n'est pas manipulable (comme les africains).
Pire, il trouve que les chinois ne veulent de la France que leur côté matériel, l'argent et que pour le reste, ils sont trop fiers de leur culture et de leur civilisation, la plus vieille du monde pour se faire séduire par les flatteries françaises.
Pour plier un peuple chinois, il faut trouver des élites qui vont porter la soutane des moines et faire la messe à leurs semblables. Or dit Nestor en 1896, c'est une mission impossible. Les chinois sont trop malins pour être convertis au christianisme.
Et c'est bien parce qu'ils ne peuvent pas devenir des chrétiens que Nestor prévoit qu'à la fin, ce sont les chinois qui vont commander les européens et non l'inverse.
Il s'en prend même aux britanniques qui sont allés les premiers faire la guerre aux chinois pour les contraindre à s'ouvrir au monde.
Il dit que comme cette ouverture finira dans 100 ans selon Nestor, c'est-à-dire, maintenant en 2023, par une Chine qui commande les Européens, c'était mieux qu'on ne les dérange pas dans leur fermeture et qu'on ne les force pas à prendre la drogue, l'opium cultivé par les anglais en Inde.
En 1896, Nestor est très pessimiste de l'avenir dans 100 ans. Il trouve que les français, les parisiens sont trop superficiels pour comprendre qu'un Chinois gentil et serviable ne veut pas dire qu'il est un domestique. Car ce Chinois ne possède pas la même grille de lecture des choses que les Européens.
Il fait profile bas, pour se donner le temps de prendre le dessus. Et non parce qu'il a reconnu qu'il est un être inférieur que les français peuvent commander à l'infini.
Et comme en plus les Chinois sont un peuple de 550 millions d'habitants (en 1896), alors que les français ne sont que 30 millions, Nestor trouve que la France n'a aucune chance sur le long terme à plier la Chine sur quoi que ce soit.
Aujourd'hui, les français ont bien lu et appliqué Nestor en Afrique.
Mais j'ai comme l'impression qu'ils sont surpris de quelque chose qu'ils n'avaient pas prévu, parce que Nestor n'en avait pas parlé : que les Chinois aillent en Afrique, là où les Français ont formaté des peuples à accepter leur infériorité et se laisser spolier de façon perpétuelle sans rien revendiquer en échange.
Quand je vois le monde de fonctionnement de la Société Nationale camerounaise des Hydrocarbures et je lis les biographies des Saoudiens qui ont réussi à nationaliser la société américaine Aramco avec une indemnisation de 2 milliards de dollars en 1980 et qui aujourd'hui vaut 2.000 milliards de dollars, c'est-à-dire 1.000 fois plus que l'entreprise d'origine, je suis très pessimiste pour mon pays, parce que je me rends compte à quel point nous n'avons rien compris du mode de spoliation mis en place par les occidentaux dans le monde entier et surtout, l'urgence de s'en défaire si on espère sortir la tête hors de l'eau un jour.
Nous continuons naïvement de croire que les entreprises privées dont le rôle est de réaliser le maximum de profit est de venir exploiter le sous-sol africain jusqu'à nous permettre de résoudre nos problèmes de prospérité. Il faut être tellement naïf pour l'espérer.
Question : Pourquoi les africains ne comprennent pas ce que les Saoudiens ont compris en 1980, alors qu'ils sont allés dans les mêmes écoles prestigieuses en occident ?
Réponse : Parce que les Saoudiens ont lu et compris Nestor.
Si des Saoudiens avaient porté la soutane pour expliquer Jésus aux autres Saoudiens, ils ne pourraient jamais devenir maîtres de leurs ressources naturelles.
Beaucoup ne vont pas voir le lien, mais en plus d'annoncer leur fierté à appliquer les religions importées en Afrique, ou d'être des descendants fictifs des Pharaons, dites-moi si vous avez vu un seul parti politique africain faire la campagne électorale en promettant de nationaliser Total, Shell, Mobil ou BP qui exploitent l'essentiel des hydrocarbures du continent africain ?
En Ouganda le président Museveni est vent debout contre les perversités de l'Occident comme l'homosexualité, mais en même temps, il se bat pour que Total comment au plus vite l'exploitation du pétrole Ougandais. Il n'a donc pas compris que la pire perversité de l'Occident ce ne sont pas les comportements sexuels des individus dont on peut se ficher éperdument, mais la spoliation érigée en système.
Les pays africains producteurs de pétrole et de gaz ne seront jamais des puissances, parce qu'ils n'ont que des miettes des retombées d'exploitation de leurs sous-sols.
Le pire dans tout ça est que ces mêmes africains sont contre la Chine qui est la seule à leur proposer un partage de 50% de leurs ressources contre les 6% qu'offrent les entreprises privées occidentales comme Total, Exxon-Mobil et Shell aux Africains.
C'est parce que la manipulation de l'Europe sur leurs colonisés africains a bien fonctionné, contrairement à la Chine pour laquelle, elle avait été étudiée.
Que chaque africain lise Nestor et considère ce prénom comme un symbole de la résistance africaine contre sa mise sous-tutelle perpétuelle par la France et le Royaume Uni.
Sans plus attendre, relisons Nestor ci-dessous !
Jean-Paul Pougala
Samedi le 08 Avril 2023
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(Extrait de la leçon d'Intelligence Economique et Stratégique n° 1090, de Jean-Paul Pougala intitulée : "Les dessous du voyage de Macron en Chine" publiée le vendredi 7 avril 2023)
LE CHINOIS
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Hé bien ! j'ai vu ce Sino-Mandchou et je l'ai bien regardé. Quelque nuance de comique (être comique, bien souvent, c'est être différent), que garde sa figure, il m'est apparu comme un personnage d'étrangeté tragique dans ce regard conte fantastique qui est l'Histoire. Il me semblait que son perroquet favori, qui ennuie de ses cris les habitants du Grand-Hôtel, était un oiseau symbolique. Vivace, le bec et les ongles menaçants, fort sous une apparence lourde, astucieux, bariolé, imitateur, n'est-ce pas le Chinois lui-même ?
Et ce n'est pas le premier venu, ce compte Li, féodal devenu moderne par le rôle que joue dans sa vie son immense fortune, qui regarde tout en Europe et ne dit rien, observe nos arsenaux et nos chantiers qu'on lui ouvre, compte nos soldats et jauge notre crédit, et peut-être, tandis qu'on le regarde comme un simple faiseur de marchés avantageux pour nous, est une sorte d'explorateur en pays civilisé, patriote et prophète, qui songe déjà aux proies que l'avenir mystérieux réserve à sa race.
Il me fait peur, le magot, derrière ses grosses lunettes de comique d'opérette, avec son gros œil de perroquet : non pour nous, mais pour l'avenir de notre race, songe ordinaire des vieillards. Pour qu'aux périls qui menacent la vieille Europe se joigne 'le Péril jaune", que faut-il ? Que les cinq cents millions d'hommes de race jaune trouvent un jour, pour se jeter sur le vieux monde, des circonstances favorables et un homme de génie qui sache en profiter et reprendre l'éternel mouvement d'invasion qui pousse les hommes d'Orient en Occident. Troupeau, dit-on, ces cinq cents millions de jaunes. Troupeau aujourd'hui de la Russie, grand garde de l'Europe, n'arrêterait d'un geste. Mais demain ?
En face de la civilisation de l'Europe, le Chinois est très réfractaire. Ceci tient à ce qu'il possède lui-même une civilisation très antique, la plus ancienne peut-être du monde, dont il est fort orgueilleux. De plus, le système de son langage n'est pas le même que le nôtre et rien, plus que cette différence, n'est propre à maintenir les traditions d'un peuple et à le fortifier dans son atavisme (Réapparition chez un descendant d'un caractère ancestral demeuré latent chez les parents. Ressemblance avec les ancêtres.) Mais c’est à nos idées seules que le Chinois est réfractaire.
Quant à la partie matérielle de notre civilisation, son don d'imitation le rend redoutable.
Je crois que c'est Méry qui raconte la jolie histoire d'un amiral français en station dans un port chinois, qui, ayant fait une grande tache d'huile à son habit d'uniforme, en commanda un neuf à un tailleur chinois. Au jour dit, chose rare en Europe ! l'ouvrier rapporta un habit admirablement pareil au modèle, si bien pareil qu'il y avait aussi la tache d'huile, de dimension et d'intensité semblables, ce qui, disait le Chinois, avait coûté beaucoup de peine.
L'anecdote est drôle. Elle le sera moins le jour où le génie imitateur et industrieux des Chinois se sera exercé sur les canons, et les fusils et où, grâce aux tracés des lignes de chemins de fer qui iront à leurs frontières, peut-être chez eux, les Chinois pourront mobiliser et mettre en marche des millions de soldats armés à l'européenne. On en tuera beaucoup ? Mais qui n'a vu à la campagne, le cadavre d'un animal tombé dans une fourmilière et, en un bout de temps, réduit en squelette ?
C'est à se demander si ce fut d'une bonne politique que d'ouvrir la Chine à l'Europe et d'enfoncer à coups de canons ses portes fermées. Les Anglais ont commencé l'affaire, égoïstes et de politique scélérate à leur ordinaire, pour pouvoir, empoisonnant les Chinois, leur vendre l'opium indien. Mais si, par la porte enfoncée, la Chine débordait sur l'Europe, quel châtiment ! Avant même qu’on ait à redouter l'invasion guerrière, ne voit-on pas venir l'invasion commerciale et industrielle ?
Quelle loi Méline (La loi Méline est une loi française proposée par le Député des Vosges depuis 1872, Jules Méline (1838-1925) et votée le 11 janvier 1892 qui double le tarif douanier, pour protéger les agriculteurs français contre les importations à bas prix de produits agricoles), nous défendra contre la concurrence des produits naturels ou manufacturés d'un peuple d'agriculteurs laborieux, d'ouvriers émérites, chez lequel la main-d’œuvre ne coûte rien, qui se nourrit d'une poignée de riz. Et je songe à ces choses tandis que la badauderie (attitude de celui qui flâne, un badaud) parisienne s'amuse du Chinois qui porte une tresse dans le dos ou que notre niaiserie chauvinesque prend au sérieux ses admirations de demi-barbare et demeure enchantée qu'il vienne acheter chez nous les canons que quelque Tamerlau pourrait bien faire rouler un jour sur les chemins de l'Europe.
Je sais bien que de semblables préoccupations, à très longue échéance, font hausser les épaules aux 'sages'. Un roi a dit, à ce qu'on raconte : "Après nous le déluge !" et le déluge, d'ailleurs est venu.
Cette boutade d'un souverain à l'âme basse est devenue la devise et la règle de la Démocratie. Celle-ci s'étant faite utilitaire, livrée tout entière à l'argent, ne veut et ne peut pas voir plus loin que l'intérêt du jour même. On pense à quatre-vingt-dix jours, terme des échéances ! Allez dire à un boursier ou à un âpre petit rentier qui compte gagner quelque chose sur l'emprunt chinois qu'il serait préférable que les Chinois n'eussent pas d'argent pour acheter des cuirassés ou même des navires de commerce !
Il vous prendra pour un bon imbécile. Comment ! Il y a quelque chose à gagner, tout de suite, et on ne le gagnerait pas ? Joignez à cela les nigauds, les fanatiques, qui s'imaginent servir la cause du "progrès" en concevant l'espoir, d'ailleurs chimérique, que dans un siècle les Chinois porteront les frocs (habits de moines) et serviront la messe chrétienne !
Toute prévoyance est impossible. L'avertisseur dans notre monde agité et affolé par l'intérêt, est semblable au gardien du phare pendant la tempête. Le cri de la mer couvre son cri, le nuage voile sa lumière, qui disparait dans l'éclair... Et puis, nous sommes si spirituels ! Une invasion de Chinois, quelle chance ! Nous aurons de bons domestiques, car ils font paraît-il, des "Boys" excellents ! Et je sais bien qu'en parlant d'un péril que notre génération est sûre de ne pas connaître, j'agis pour l'acquit de ma conscience et j'obéis à ce dilettantisme amer des esprits qui aiment à voir au loin les menaces de l'avenir.
NESTOR
Paris le 23 juillet 1896
Les Echos de Paris
J’ai pris tout le temps nécessaire pour recopier manuellement ce texte, parce qu’il me semble d’une importance capitale pour comprendre la suite des évènements que nous allons commenter dans la leçon d’aujourd’hui, mais aussi pour comprendre le type de relation que les Européens entretiennent avec l’Afrique à la correction des erreurs commises avec la Chine avant nous.
Et c’est allant dans ce sens que deux choses nous intéressent le plus dans ce texte de Nestor :
1. La première résolution tirée tout droit de la Conférence dite de Berlin sur l’Afrique en 1884-1885 dont la version officielle mensongère dit que c’était pour partager l’Afrique alors que chaque pays en est reparti avec les même possessions dans les mêmes frontières d’avant la conférence. Mais nous savons aujourd’hui en lisant les mémoires des présents à cette conférence que les décisions ont été ce que Nestor propose dans cet éditorial de 1896 d’appliquer à la Chine : Règle n° 1 - Ne jamais vendre les armes à la Chine – Règle n°2- Ne jamais donner les moyens à la Chine d’en acheter à qui que ce soit.
2. S’assurer comme en Afrique que les Chinois vont porter les frocs (les habits des moines catholiques) et qu’ils vont faire la messe chrétienne à leurs semblables.
Aucune de ces deux résolutions n’a marché pour la Chine. La Chine est un pays communiste et par conséquent, la religion est considérée comme l’opium du peuple. Il n’est donc pas possible de piéger les Chinois en leur faisant porter les frocs et les mettant à faire la messe chrétienne comme les africains.
Sur le plan de l’armement, aujourd’hui vendredi 7 Avril 2023, au moment où j’écris cette leçon, dans le respect des inquiétudes exprimées par NESTOR le 23 juillet 1896, il existe toujours un embargo perpétuel de toute l’Union Européenne et des Etats-Unis sur les armes en direction de la Chine.
(...)
(Extrait de la leçon d'Intelligence Economique et Stratégique n° 1090, de Jean-Paul Pougala intitulée : "Les dessous du voyage de Macron en Chine" publiée le vendredi 7 avril 2023)