06/12/2025
Au Burkina Faso, on m'a dit : "On n'attend pas le futur, on le forge."
Du 6 au 9 novembre, j'ai mis les pieds dans un pays qui ne se résigne pas. Pas juste un salon, mais un acte de foi en l'Afrique.
La 11ᵉ édition du Salon des Banques et PME de l'UEMOA n'était pas une série de conférences. C'était une forge. Le thème ? Un manifeste : « Synergies et dispositifs innovants d'appui et de financement des PME pour l'édification de la souveraineté économique et alimentaire en Afrique. »
Des mots lourds de sens, oui. Mais surtout des actes qui les incarneront.
J'y suis allé avec deux visionnaires :
M. Cyrille Teukam, PDG de Caly Calyte
Mme Mawe Moumbé Cécile, de l'ONG JADD, dont l'engagement social redéfinit le leadership féminin.
Le moment fort ? Ma master class sur l'IA et la compétitivité des entreprises. La salle était vibrante, pas d'ailleurs de curieux, mais de combattants. Des entrepreneurs qui ne cherchent pas à comprendre pour applaudir, mais pour agir. Leurs questions étaient des projecteurs : directes, sans fard, exigeantes. Exactement comme doit l'être l'Afrique.
Ces rencontres ne sont pas des "connexions LinkedIn". Ce sont des alliances silencieuses en train de se sceller.
Mais voici ce que on ne nous dira pas. J'ai vu un Burkina Faso qui ne se contente pas de survivre. Il reconstruit. Dans les rues, dans les regards, dans les initiatives qui poussent comme des pousses d'espoir. La résilience n'y est pas une ligne de déclaration corporate. C'est la façon dont un commerçant reconstitue son stock le lendemain d'une crise. C'est la détermination d'une jeune femme qui lance sa agri-tech sans attendre les bailleurs.
Alors, merci.
Au peuple burkinabè, pour une hospitalité qui n'est pas coutume, mais nature.
À M. Nagalo Hermann, le Secrétaire Permanent, qui a orchestré ce qui ressemblait plus à un mouvement qu'à un événement.
À la délégation belge, pilotée par Me Guillaume Tefengang et Mme Dorence Monkam, pour une présence qui n'était pas de façade, mais de participation.
L'essentiel ? L'Alliance des États du Sahel n'attend plus. Elle ne négocie pas avec l'incertitude. Elle avance. Elle forge sa souveraineté à coups de PME financées, d'innovations alimentaires, d'intelligence artificielle déployée sur le terrain.
Je suis rentré différent. Plus durci, plus inspiré, mais surtout : plus certain. Les transformations africaines ne se décrètent pas dans des sommets lointains. Elles se jouent ici, dans la poussière des ateliers, dans les salles de master class bondées, aux côtés de ceux qui osent bâtir maintenant.