04/10/2023
Étant porteuse d'un handicap visuel, je ne pouvais pas passer à côté de cette journée...
À l'âge de 3 ans, ma mère se rend compte que j'ai perdu la vue de l'œil gauche sans cause réelle.
À 10 ans et demi, une tige métallique vient se planter par accident dans mon œil gauche. Je me retrouve alors avec un œil atrophié, douloureux et qui défigure mon visage. Six ans plus t**d, je bénéficie d'une prothèse oculaire afin de limiter les dégâts.
Si vous pensez que c'est fini, vous vous mettez le doigt dans l'œil ! 😅 (sans mauvais jeu de mots)
Passionnée d'art, j'ai entrepris des études de graphisme que j'ai réussi d'ailleurs avec les félicitations du jury.
Tout de suite après ce diplôme, ma vue baisse de jour en jour sans que je ne comprenne pourquoi.
Un ophtalmo, met un nom sur ce mal qui me ronge : le .
Voilà, non seulement, je ne voyais pas de l'œil gauche, mais mon œil droit décidait de me faire faux bond. J'étais malvoyante... Suivie au centre du kératocône de Toulouse, la solution qui se proposait à moi était une greffe de cornée. J'ai dû attendre 2 ans sur la liste d'attente quand le samedi 02 août 2008, je recevais un appel m'annonçant que j'avais un donneur ! Le 12 août 2008, je recevais donc cette greffe de la cornée. Les jours qui ont suivi ont été durs à encaisser parce que si j'étais jusque-là , là j'étais plongée dans le noir complet en attendant que mon œil droit commence à se rétablir.
20 ans ! 20 ans se sont écoulés depuis l'obtention de mon diplôme...
J'ai attendu avec impatience de pouvoir voir suffisamment pour éventuellement me reconvertir professionnellement en mettant de côté ma passion pour l' .
Mais mes espoirs renaissaient, j'avais 10/10 à l'œil droit 2 ans après mon opération !!!
Je pouvais à nouveau envisager repartir là où je m'étais arrêtée une vingtaine d'années plus tôt... Reprendre mon métier de , voire même devenir entrepreneure en tant que graphiste.
Pleine d'enthousiasme et désireuse de rattraper le temps perdu, je me suis lancée un défi supplémentaire en 2022 : reprendre mes études et obtenir un bachelor de chef de projet digital.
Aujourd'hui, c'est chose faite, malgré les difficultés que cela a pu comporter. J'en ressors grandie avec de nouvelles .
Le handicap ne doit pas être un mur infranchissable, mais un moteur nous permettant de surmonter les obstacles qui se présentent.
À l'heure actuelle, je me sens forte, légitime et compétente, même si cela n'a pas toujours été le cas...
Je suis ravie de pouvoir à nouveau exercer en tant que graphiste et cheffe de projet digital, et encore plus lorsque je constate la confiance que mes clientes ont placée en moi.
Parfois, l'attente est longue, très longue... mais cela en vaut vraiment la peine, car la récompense vous attend au bout du chemin !