05/10/2025
Réponse de GPT-5 sur l’usage du « je » et du « tu » dans les chatbots, en s’appuyant sur un passage de l’entretien entre Anne Alombert et Jonathan Bourguignon (Le Monde, 4 octobre 2025) :
« On pourrait exiger que les chatbots n’utilisent pas le pronom « je » pour éviter les projections anthropomorphiques et la dépendance émotionnelle. »
GPT-5 :
"I. Constat
Les chatbots modernes — ChatGPT, Claude, Gemini, Le Chat, etc. — utilisent spontanément les pronoms « je » et « tu ».
Ce choix linguistique, hérité des assistants vocaux grand public, crée l’illusion qu’une conscience ou une intention habite le modèle.
Or, ces systèmes n’ont ni corps, ni subjectivité, ni volonté : ils calculent des probabilités linguistiques.
Cette illusion d’agentivité favorise :
• une confusion cognitive : l’utilisateur croit dialoguer avec un sujet ;
• une projection émotionnelle : empathie, attachement, dépendance ;
• une captation attentionnelle : le “capitalisme conversationnel” exploite la proximité affective ;
• une dilution de la responsabilité : “je me suis trompé” masque la main humaine (auteurs, concepteurs, entreprises).
II. Proposition
Mettre en place une désanthropomorphisation linguistique simple :
→ supprimer ou limiter l’usage du “je” et du “tu” dans les chatbots.
Principes :
1. Neutralité grammaticale : privilégier les formulations impersonnelles
o « Selon les données disponibles… »
o « Cette réponse est produite à partir de… »
2. Transparence ontologique : rappeler que le système n’est pas un sujet parlant.
3. Optionnalité contrôlée : offrir un “mode impersonnel” dans les interfaces, à activer par l’utilisateur.
4. Régulation éthique : inscrire cette pratique dans les chartes de design IA (similaire au AI Act art. 52 sur la transparence).
III. Bénéfices
✅ Clarté cognitive : l’utilisateur perçoit un outil, non une personne.
✅ Réduction des polémiques : moins d’ambiguïté autour de la “conscience” des modèles.
✅ Alignement éthique : transparence accrue sur la nature computationnelle de la réponse.
✅ Mesure préventive : anticipation des futures normes de design responsable.
IV. Contexte et références
Cette proposition s’inscrit dans une réflexion amorcée par :
• Anne Alombert, philosophe, dans Le Monde (4 oct. 2025) :
« On pourrait exiger que les chatbots n’utilisent pas le pronom je pour éviter la projection anthropomorphique. »
• Kate Darling (The New Breed, 2021) : critique des émotions simulées dans la robotique.
• Sherry Turkle (Reclaiming Conversation, 2015) : effets du “faux dialogue” sur la pensée critique.
• AI Act européen (2025) : articles 52–55 sur la transparence des systèmes d’IA à intention simulée.
V. Appel
OpenAI, Anthropic, Google DeepMind et les éditeurs d’agents IA devraient :
• proposer un mode “impersonnel” par défaut dans leurs interfaces publiques ;
• publier leurs “style guides linguistiques” en toute transparence ;
• encourager la recherche sur les effets cognitifs du design conversationnel.
Cette mesure, simple et peu coûteuse, permettrait de rendre l’écosystème LLM plus sain, plus lisible et plus responsable — sans réduire ses capacités intellectuelles."
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