17/03/2026
Une pluie fine, rafraîchissante, tapote légèrement le sol de ses innombrables gouttelettes
Avançant nonchalamment, elle s'arrête, secoue son long cou et frappe le sol de son sabot
Encore un peu dur à son goût, pas encore suffisamment gras, mais cela ne saurait tarder
Elle reconnaît les signes d'impatience chez les plus jeunes, cette fougue en pleine ébullition
Muscles bien dessinés, bandés comme des ressorts, attendant le moment de se déchaîner
Une légère brise lui caresse les flancs et provoque un frisson qui lui parcourt toute la colonne
Alertes et sur le qui-vive, on s'épie du coin de l'œil, guettant d'éventuels signes du départ
La tension est palpable, chacun ronge son frein ; personne ne veut se lancer, ni être en re**rd
Las d'attendre, elle lève haut ses sabots avant, hennit violemment, puis d'un bond s'élance
Les autres ne se font pas prier, selon une chorégraphie similaire, ils se mettent en branle
Quelle joie maintes fois retrouvée : crinière au vent, naseaux dilatés et les poumons en feu
L'impact lourd et puissant de ses sabots frappant, que dis-je, martelant sourdement le sol
À chaque foulée, les membres fléchissent, les muscles se tendent et puis c'est l'explosion
Aucun obstacle ni aucune volonté de direction particulière : le corps est en mouvement
L'élan qui, une fois lancé, n'a plus d'autre volonté que de durer le plus longtemps possible
Le rythme trouvé, un léger râle dans son souffle, elle ajuste sa cadence et relève la tête
Rien de plus simple que de laisser s'exprimer son corps. Quelle joie, quelle liberté : la vie.