Exiptel

Exiptel Passionnés et experts en sécurité informatique depuis 2006

L'abécédaire 2026 de la CybersécuritéLa cybersécurité a son jargon qui lui est propre ! Décryptage.AAuthentification (MF...
25/05/2026

L'abécédaire 2026 de la Cybersécurité

La cybersécurité a son jargon qui lui est propre ! Décryptage.

A

Authentification (MFA/2FA) : l’authentification multifacteur (MFA) ou à deux facteurs (2FA) est une méthode de sécurité exigeant au moins deux preuves d’identité distinctes pour accéder à un système (ex. : mot de passe + code SMS, application d’authentification comme Google Authenticator, clé physique, ou biométrie). Elle réduit drastiquement les risques de compromission de compte, même en cas de fuite de mot de passe. La majorité des cyberattaques réussies incluent des tentatives de brèche de l’authentification.

B

Backdoor (Porte dérobée) : accès secret intégré dans un logiciel ou un système, souvent par un développeur ou un attaquant, pour contourner les mécanismes de sécurité et accéder à distance sans autorisation.

Botnet : réseau de machines infectées (zombies) contrôlées à distance par un attaquant (botmaster). Utilisé pour lancer des attaques DDoS, envoyer du spam, miner des cryptomonnaies, ou voler des données. Exemples : Mirai, Emotet.

Bug Bounty : programme incitatif où des organisations récompensent des chercheurs en sécurité (hackers éthiques) pour la découverte et la divulgation responsable de vulnérabilités dans leurs systèmes. Exemples : programmes de Google, ou de l’ANSSI

C

CERT (Computer Emergency Response Team) : équipe spécialisée dans la réponse aux incidents de sécurité informatique. En France, l’ANSSI joue ce rôle pour les infrastructures critiques. Exemples : CERT-FR, US-CERT.

Cloud Security Ensemble des politiques, technologies et contrôles pour protéger les données, applications et infrastructures hébergées dans le cloud (AWS, Azure, Google Cloud). Enjeux : gestion des identités (IAM), chiffrement, conformité (RGPD, HIPAA).

Cyberhygiène Pratiques de base pour maintenir un niveau de sécurité minimal : mises à jour régulières, mots de passe robustes, sauvegardes, sensibilisation aux risques, etc.

D

Déni de service (DoS/DDoS)

DoS : Attaque visant à rendre un service indisponible en le submergeant de requêtes (ex. : SYN Flood).
DDoS : Version distribuée, où l’attaque provient de multiples sources (botnet). Exemple : attaque contre OVH en 2016 (1 Tbps), La Poste en décembre 2025

Dark Web Partie non indexée d’Internet accessible via des réseaux anonymes (ex. : Tor, I2P). Utilisée pour des activités illégales (marchés noirs, forums de hackers) ou légitimes (protection de la vie privée).

Deepfake Technologie d’IA permettant de créer des contenus audio/vidéo ultra-réalistes et falsifiés (ex. : usurpation de voix ou d’image pour des arnaques ou de la désinformation).

DORA ou Digital Operational Resilient Act est une reglementation européenne inspirée de NIS2 et destinée aux banques et assurances et visant à réduire le risque systémique de la sphère financière.

E

Exploit Code ou technique exploitant une vulnérabilité pour prendre le contrôle d’un système, exécuter du code arbitraire, ou élever des privilèges. Exemples : EternalBlue (vulnérabilité SMB de Windows), Log4Shell.

Engineering Sociale (Ingénierie sociale) Manipulation psychologique pour inciter une victime à divulguer des informations sensibles ou à effectuer une action dangereuse pour la cybersécurité d'une organisation (ex. : phishing, prétexte, baiting).

Endpoint Detection and Response (EDR) Outil de surveillance avancée des terminaux (postes de travail, serveurs) pour détecter et répondre aux menaces en temps réel. Exemples : CrowdStrike, SentinelOne.

F

Firewall (Pare-feu) Dispositif (matériel ou logiciel) filtrant le trafic réseau selon des règles prédéfinies. Types :

Pare-feu réseau (ex. : Cisco, Palo Alto, Stormshield, Fortinet).
Pare-feu applicatif (WAF) : protège les applications web (ex. : Cloudflare, Ubika).
Pare-feu personnel (ex. : Windows Defender Firewall).

Forensique numérique (Forensics) Analyse scientifique des preuves numériques (logs, disques durs, RAM) pour enquêter sur des incidents de sécurité ou des cybercrimes.

G

Gouvernance (Cybersecurity Governance) Cadre stratégique définissant les objectifs, les rôles, les politiques (PSSI) et les processus pour gérer les risques cyber. Inclut :

Conformité : respect des réglementations (RGPD, NIS2, Loi de Programmation Militaire en France).
Gestion des risques : identification, évaluation et mitigation des menaces.
Sensibilisation : formation des employés aux bonnes pratiques.

Gestion des identités et des accès (IAM - Identity and Access Management) Processus et outils pour gérer les identités numériques, les droits d’accès et les autorisations de manière centralisée. Solutions : Okta, Microsoft Entra ID (ex-Azure AD), Wallix.

H

Hameçonnage (Phishing) Attaque par ingénierie sociale où l’attaquant usurpe l’identité d’une entité de confiance (banque, service public, collègue) pour inciter la victime à :

Divulguer des identifiants (via un faux site web).
Télécharger un malware (pièce jointe infectée).
Effectuer un virement frauduleux. Les variantes :
Spear Phishing : ciblé (ex. : un employé spécifique).
Whaling : ciblant les dirigeants (ex. : arnaque au président).
Smishing : par SMS.
Vishing : par appel vocal.

Honeypot Système leurre conçu pour attirer les attaquants et étudier leurs méthodes. Permet de collecter des renseignements sur les menaces (threat intelligence).

I

Intrusion Accès non autorisé à un système ou un réseau. Détectée via :

IDS (Intrusion Detection System) : surveille les activités suspectes (ex. : Snort, Suricata, Qualys).
IPS (Intrusion Prevention System) : bloque les attaques en temps réel.

IoT Security (Sécurité de l’Internet des Objets) Protection des appareils connectés (caméras, objets domestiques, capteurs industriels) souvent vulnérables en raison de :

Mots de passe par défaut non changés.
Absence de mises à jour.
Protocoles non sécurisés (ex. : MQTT sans chiffrement). Normes : ETSI EN 303 645, IoT Cybersecurity Improvement Act (États-Unis).

Incident Response (Réponse aux incidents) Processus structuré pour gérer une cyberattaque :

Préparation : plans, équipes, outils.
Détection et analyse : identification de la menace.
Confinement : limitation de l’impact.
Éradication : suppression de la menace.
Récupération : restauration des systèmes.
Leçons apprises : amélioration des défenses.

J

Journaux d’événements (Logs) Enregistrements chronologiques des activités sur un système ou un réseau. Essentiels pour :

Le monitoring (SIEM : Security Information and Event Management).
L’audit et la conformité.
L’analyse forensique après un incident. Outils : Splunk, ELK Stack (Elasticsearch, Logstash, Kibana), Graylog.

Jailbreak Exploitation de vulnérabilités pour contourner les restrictions d’un système (ex. : iOS, Android) et obtenir un accès root ou des privilèges étendus, permettant par exemple d'installer des applications sans l'accord du fournisseur d'événements.

K

Keylogger (Enregistreur de frappe) Malware ou dispositif matériel enregistrant les touches tapées sur un clavier pour voler des identifiants, mots de passe, ou données sensibles. Peut être :

Logiciel : installé via un malware.
Matériel : branché entre le clavier et l’ordinateur.

L

Logiciel malveillant (Malware) Programme conçu pour nuire à un système, voler des données ou espionner. Types :

Virus : se propage en infectant d’autres fichiers.
Ver (Worm) : se propage automatiquement via les réseaux (ex. : WannaCry).
Cheval de Troie (Trojan) : se fait passer pour un logiciel légitime (ex. : Emotet).
Spyware : espionne les activités de l’utilisateur (ex. : keyloggers).
Adware : affiche des publicités indésirables.
Ransomware : chiffre les données et demande une rançon.

Load Balancer Dispositif répartissant le trafic réseau entre plusieurs serveurs pour :

Améliorer les performances.
Assurer la haute disponibilité.
Résister aux attaques DDoS. Exemples : NGINX, HAProxy, F5 BIG-IP.

M

Man-in-the-Middle (MITM) Attaque où l’attaquant intercepte et éventuellement modifie les communications entre deux parties sans qu’elles ne s’en rendent compte. Exemples :

Wi-Fi spoofing : faux point d’accès.
SSL Stripping : forcer une connexion HTTP non chiffrée.

Mythos Modèle de LLM développé par Anthropic en mars 2026, spécialisé dans la détection de vulnérabilités logicielles. Utilisé par un consortium de grandes entreprises technologiques américaines (Google, Microsoft, Meta, etc.) pour auditer leurs systèmes. Non accessible au public.

Mitre Att&ck : base de connaissance internationale sur les cyberattaques et les réponses associées. Mitre est une association à but non lucratif.

N

Norme ISO 27001 Standard international définissant les exigences pour un Système de Management de la Sécurité de l’Information (SMSI). Inclut :

Politique de sécurité.
Gestion des risques.
Contrôles techniques et organisationnels.
Amélioration continue. Certification souvent requise pour les entreprises travaillant avec des données sensibles.

NIS2 (Network and Information Security Directive 2) Directive européenne (2022) renforçant les obligations de cybersécurité pour les opérateurs de services essentiels (énergie, santé, transports) et les grands fournisseurs de services numériques. Remplace la directive NIS de 2016.

O

OSINT (Open Source Intelligence) Collecte et analyse d’informations publiquement accessibles pour des fins de renseignement. Sources :

Réseaux sociaux (LinkedIn, Twitter).
Bases de données (Shodan, Censys).
Registres publics (WHOIS, DNS).
Moteurs de recherche (Google Dorks). Outils : Maltego, SpiderFoot, theHarvester.

Obfuscation (Obscurcissement) Technique pour rendre un code ou un malware difficile à analyser (ex. : chiffrement, packing, renommage de variables). Utilisée par les attaquants pour contourner les antivirus.

OT Security (Opérationnel Technologique) Sécurité des systèmes industriels (SCADA, PLC) utilisés dans les infrastructures critiques (énergie, eau, manufacture). Enjeux : protection contre les attaques physiques.

P

Pénétration (Test de / Pentest) Simulation d’attaque autorisée pour identifier les vulnérabilités d’un système. Types :

Boîte noire : le testeur n’a aucune information préalable.
Boîte grise : informations partielles.
Boîte blanche : accès complet à la documentation. Normes : OSSTMM, OWASP Testing Guide.

Patch Correctif logiciel comblant une faille de sécurité ou améliorant une fonctionnalité. Gestion des patchs :

Application rapide des correctifs critiques.
Tests préalables pour éviter les régressions.
Automatisation (outils : WSUS, SCCM, Ansible).

PKI (Public Key Infrastructure) Infrastructure de gestion des clés publiques et des certificats numériques pour :

Authentifier les utilisateurs et les serveurs
Chiffrer les communications (TLS/SSL).
Signer des documents. Composants : Autorité de certification (CA), Autorité d’enregistrement (RA), certificats X.509.

Q

Quarantaine Zone d’isolement où sont placés les fichiers ou systèmes suspects pour :

Empêcher leur propagation.
Permettre une analyse approfondie.
Décider de leur suppression ou restauration. Exemples : quarantaine dans les antivirus (Kaspersky, Bitdefender), ou les SIEM.

Quantum Computing (Informatique quantique) Technologie émergente utilisant des qubits pour effectuer des calculs exponentiellement plus rapides. Risques pour la cybersécurité :

Cassage des algorithmes de chiffrement actuels (RSA, ECC) via l’algorithme de Shor.
Nécessité de migrer vers des algorithmes post-quantum (ex. : Kyber, Dilithium).

R

Ransomware (Rançongiciel) Malware chiffrant les données de la victime et exigeant une rançon (souvent en cryptomonnaie) pour fournir la clé de déchiffrement. Types :

Cryptolocker : chiffre les fichiers.
Locker : bloque l’accès au système.
Double extorsion : vole les données avant de les chiffrer, avec menace de fuite. Exemples : WannaCry (2017), NotPetya, LockBit. Bonnes pratiques :
Sauvegardes régulières et testées.
Segmentation du réseau.
Formation des employés.

Reverse Engineering Analyse d’un logiciel ou d’un malware pour comprendre son fonctionnement, identifier des vulnérabilités ou créer des correctifs. Outils : IDA Pro, Ghidra, Radare2.

S

SOC (Security Operations Center) Centre de supervision de la sécurité informatique, assurant :

Surveillance 24/7 des infrastructures, Détection des menaces (via SIEM, EDR, etc.).
Réponse aux incidents et analyse forensique.

SIEM (Security Information and Event Management) Solution centralisant et corrélant les logs de sécurité pour détecter les attaques. Fonctionnalités :

Agrégation des données (firewalls, IDS, sondes, serveurs).
Détection des anomalies (via règles ou IA).
Alertes et rapports. Exemples : Splunk, Elastic SIEM, IBM QRadar, Sentinel, Wazu, ELK

Sandboxing Technique d’isolation pour exécuter du code ou des fichiers suspects dans un environnement contrôlé (sandbox) afin d’analyser leur comportement sans risque.

T

Trojan (Cheval de Troie) Malware se faisant passer pour un logiciel légitime. Une fois exécuté, il permet à l’attaquant de :

Voler des données et installer d’autres malwares.
Prendre le contrôle à distance (backdoor). Exemples : Emotet, TrickBot.

Threat Intelligence (Renseignement sur les menaces) Collecte, analyse et partage d’informations sur les menaces cyber pour :

Anticiper les attaques, améliorer les défenses.
Réduire les temps de réponse. Sources : rapports publics (CISA, ANSSI), plateformes privées (Recorded Future, ThreatConnect).

U

Usurpation d’identité (Identity Theft) Vol et utilisation frauduleuse des données personnelles ou professionnelles d’une victime pour :

Commettre des fraudes financières.
Accéder à des systèmes protégés.
Nuire à la réputation de la victime. Méthodes : phishing, malware, fuites de données (data breaches).

V

Vulnérabilité Faiblesse dans un système, une application ou un processus exploitable par un attaquant. Classées par :

Sévérité (CVSS : Common Vulnerability Scoring System).
Type (CWE : Common Weakness Enumeration). Bases de données : CVE (Common Vulnerabilities and Exposures), NVD (National Vulnerability Database).

VPN (Virtual Private Network) Technologie créant un tunnel chiffré entre un appareil et un réseau distant pour :

Sécuriser les communications (ex. : sur un Wi-Fi public).
Contourner la censure ou les restrictions géographiques.
Protéger la vie privée. Protocoles : OpenVPN, WireGuard, IPSec.

W

Whaling (Chasse à la baleine) Forme de phishing ciblant spécifiquement les dirigeants ou cadres supérieurs d’une organisation. Objectifs :

Arnaque au président (faux ordre de virement).
Vol de données stratégiques. Exemple : attaque contre le CEO de Pathé en 2018 (perte de 19M€).

Worm (Ver) Malware auto-réplicatif se propageant via les réseaux sans interaction utilisateur. Exemples :

Morris Worm (1988) : premier ver informatique.
WannaCry (2017) : ver + ransomware utilisant la vulnérabilité EternalBlue, dont les dommages ont été massifs et coûté plusieurs milliards d'euros.

WAN (Wide area Network)

Réseau étendu d’une entreprise, entre ses différents sites, pouvant inclure des partenaires. Le WAN d’une organisation est souvent la cible de cybermalveillance.

X

XDR (Extended Detection and Response) Évolution de l’EDR, intégrant la détection et la réponse aux menaces à travers :

Les terminaux (postes, serveurs) et le réseau (comme l'EDR), mais aussi :
Le cloud, les e-mails, les applications.

Avantages :

Corrélation des données entre les couches.
Réponse automatisée aux menaces. Exemples : CrowdStrike Falcon XDR, Sekoia.io

Y

YubiKey Clé physique d’authentification (FIDO2, U2F) utilisée pour le MFA. Avantages :

Résistante au phishing.
Sans batterie.
Compatible avec de nombreux services (Google, Microsoft, GitHub).

Z

Zero-Day Vulnérabilité inconnue des éditeurs et donc sans correctif disponible. Les attaques zero-day sont particulièrement dangereuses car :

Indétectables par les solutions classiques (antivirus, IDS).
Exploitées par des groupes avancés (APT, cybercriminels). Exemples :
Stuxnet (2010) : exploitait 4 zero-days pour cibler les centrifugeuses iraniennes.
Heartbleed (2014) : faille dans OpenSSL.

Zero Trust (Confiance zéro) Modèle de sécurité basé sur le principe "ne jamais faire confiance, toujours vérifier". Principes :

Vérification continue de l’identité et des droits.
Accès minimal (principe du moindre privilège).
Micro-segmentation du réseau.
Chiffrement systématique des communications. Outils : BeyondTrust, Zscaler, Microsoft Azure AD Conditional Access.

Nous avons certainement oublié quelques termes importants, signalez-le nous donc en commentaire ou par message !

Du Move-to-Cloud au Move-to-ClaudeLa migration des infrastructures vers les clouds (AWS, Azure, GCP…) a été un sujet maj...
17/04/2026

Du Move-to-Cloud au Move-to-Claude

La migration des infrastructures vers les clouds (AWS, Azure, GCP…) a été un sujet majeur des 10 dernières années dans toutes les DSI des pays occidentaux. Ces migrations sont désormais pour l'essentiel achevées, avec un retour d'expérience contrasté : des gains en scalabilité et en flexibilité d'un côté, mais ce furent aussi des promesses survendues, des projets longs, couteux, rajoutant de la complexité de gestion, avec un fort accroissement de la dépendance technologique : le fameux « vendor lock-in ».

Cette transition a aussi préparé le terrain pour la nouvelles révolution : celle de l’intelligence artificielle générative, qui transforme désormais en profondeur la production, la maintenance et même la conception des logiciels. Claude, l'IA d'Anthropic mise en avant dans le titre de cet article, mais également MistralAI, ChatGPT, Gemini, Copilot… Ces outils trouvent désormais des applications dans pratiquement tous les processus métiers. C’est rapide et relativement peu coûteux à déployer. Les organisations qui sauront les exploiter pleinement, tout en gardant le contrôle sur leurs données et leur gouvernance, y gagneront un avantage compétitif considérable et sans précédent. Aux autres, elle rappellera que les révolutions industrielles ne font pas de prisonniers.

L'IA : une révolution sans précédent dans la production de code
La révolution 2026 pour tous les professionnels du numérique, c'est l'immense rapidité et fiabilité de la production de code par l'IA — et notamment par Claude depuis l'année dernière. C'est un séisme dans le monde du logiciel. On parle de « SaaSpocalypse » (l'apocalypse du Software as a Service), probablement la transformation la plus profonde des 50 dernières années dans cette industrie.

Claude Code bouleverse le métier de développeur logiciel. Il permet d'aller infiniment plus vite et transforme le quotidien des équipes. Le développeur ne disparaît pas, il mute. Il devient un architecte de précision. Il doit être très précis en entrée sur les attendus, et extrêmement vigilant dans la validation fonctionnelle, mais une personne seule peut désormais effectuer le travail d'une équipe entière. Cela réduit logiquement la taille des équipes, permet aux entreprises d'accélérer leurs cycles de développement, avec potentiellement moins de risques en termes d'exécution.

Attention toutefois : l'IA ne dispense pas de conserver la compétence qui comprenne le code pour le faire évoluer ensuite. Elle permet de faire infiniment plus, plus vite. Tout ce qui était facile devient automatique, tout ce qui était difficile devient accessible, et beaucoup de ce qui était impossible devient réalisable.

On peut s'appuyer sur des bibliothèques de code Open Source pour refaire des logiciels entiers, à condition d'en maîtriser les mécanismes et d'investir dans la montée en compétence des équipes.

Les IA permettent de « recoder » des applications complexes en quelques jours ou quelques semaines, avec du code propre et une réutilisation très marginale du code initial — souvent moins de 5%. Cela inquiète, à raison, de nombreux investisseurs dans le monde logiciel. La conséquence macroéconomique est majeure. Le rythme de développement s’accélère, le coût marginal de production logicielle s’effondre, et les barrières à l’entrée du marché logiciel deviennent plus faibles. Ce qui protège les acteurs existants, c'est que l'implémentation dans une entreprise reste généralement un projet complexe, avec des enjeux d'intégration, de conduite du changement et de formation.

Une incroyable opportunité pour la sécurité et la lutte contre l’obsolescence
ClaudeAI permet de refaire (« refactoriser ») les logiciels obsoletes ou dont le code n’est plus totalement maitrisé. Le cours d’IBM a du reste chuté de 13% le 23 février 2026 lorsque Claude a annoncé un module facilitant le remplacement du Cobol, un vieux langage « vache à lait » financière d’IBM, par du code fraichement produit, souvent en Python.

Cela permet également d’identifier les vulnérabilités de son code de façon formidablement rapide et efficace. Nous avions vu dans un article précédent comment l’IA permettait de renforcer sa cybersécurité. La fondation Mozilla a communiqué récemment sur son partenariat avec Anthropic, qui lui a permis d’identifier et de corriger des centaines de failles du code source de Firefox, qui est du reste librement accessible, certaines critiques et que personne n’avait vues remontant à plus de 15 ans ! Anthropic va plus loin et permet même de générer l’exploit pour les tester. C’est donc logiquement une course contre la montre pour tous les éditeurs, qui préfèrent trouver leurs failles avant les esprits mal intentionnés !

Cette transformation ne se limite pas à une question de coût. Elle ouvre une nouvelle ère pour la cybersécurité, la durabilité et la souveraineté numérique. En réduisant la dépendance à des systèmes obsolètes et mal documentés, les organisations regagnent en maîtrise et en sécurité. De plus, la modernisation automatisée permet d’allonger significativement la durée de vie des logiciels et du matériel, contribuant à une informatique plus durable.

L’opportunité du « Service as a Software »
Ce que tout le monde sentait a été formalisé dans un article fondateur de Sequoia Capital, un des principaux fonds américains : Service, the new Software. Les entreprises les plus importantes de demain ne vendront plus des logiciels, mais des services automatisés par l’IA. Autrement dit, on ne paiera plus pour un outil, mais pour un résultat final. L’IA fait déjà bien l’execution des règles (coder, remplir des formulaires, analyser des données…).

Elle prend de plus en plus des décisions complexes basées sur l’expérience, et cette deuxième révolution dans la révolution a démarré : nous passons de « Copilot » (c’est le nom de l’assistant IA de Microsoft), à des outils « Autopilot », qui est du reste le nom du module de Claude qui fait automatiquement le travail.

Cela a commencé par des tâches déjà externalisées : comptabilité, juridique, IT, recrutement, car les budgets sont existants, les clients sont habitués à payer pour un résultat. Ce sont pour partie des tâches répétitives, basées sur des règles. Les gagnants seront ceux qui capturent le budget du travail, pas celui des outils, et accumulent des données pour « dresser les IA » et améliorer leur “jugement”.

Cette vague du Move-to-Claude va bien au-delà du développement : elle touche la gouvernance, la documentation, la formation et même la gestion des connaissances. Les entreprises qui sauront intégrer l’IA de manière responsable, collaborative et sécurisée ne se contenteront pas d’améliorer leur productivité — elles redéfiniront la façon même de créer et de maintenir la valeur.

En conclusion
La finalité du « move-to-Claude », qui est finalement le futur de l'industrie numérique, c’est de s'effacer derrière les usages. Le code devient une « commodité ». Il perd de son unicité, au détriment de l’intégration dans les architectures d’entreprise, et de la valeur générée pour les utilisateurs.

A terme, ce sont des centaines de solutions SaaS qui vont être challengées. La bonne nouvelle qu’annonce Sequoia, c’est qu'il y a des milliers de nouveaux services à lancer, fortement créateurs de valeur, dans énormément de domaines. Ca vous donne des idées ?

https://www.linkedin.com/pulse/du-move-to-cloud-au-move-to-claude-exiptel-2wire

Toute l'équipe Exiptel vous souhaite une excellente année 2026 et vous propose 10 résolutions en matière de cybersécurit...
19/01/2026

Toute l'équipe Exiptel vous souhaite une excellente année 2026 et vous propose 10 résolutions en matière de cybersécurité !

Chaque année, la cybersécurité figure parmi les priorités stratégiques de la quasi-totalité des organisations. Pourtant, dès que les budgets se resserrent, quelques projets majeurs sont relégués au second plan. Pendant ce temps, les assaillants, toujours plus nombreux et organisés, testent, automatisent et perfectionnent leurs attaques quotidiennement, avec un professionnalisme parfois spectaculaire.

2025 a confirmé une réalité désormais incontestable : le risque cyber affecte directement les revenus, la réputation et la continuité opérationnelle de toutes les industries. Selon l’IBM Cost of a Data Breach Report 2025, le coût moyen d’un incident a atteint 4,45 millions de dollars, avec des pics dépassant 100 millions pour les grandes organisations, sans compter les impacts juridiques, réglementaires et réputationnels liés aux violations de données sensibles.

Les dirigeants ont désormais compris que la cybersécurité n’est plus une question purement technique, déléguée aux équipes IT. Aucune organisation n'étant à l’abri, ne pas se préparer est devenu irresponsable, et pourtant, chaque année, la liste des victimes s’allonge.

La protection périmétrique classique ne suffit plus. L’implication des métiers est indispensable pour protéger l’organisation en profondeur et préserver l’activité vitale même en cas d’attaque réussie : c’est le principe de la cyber-résilience.

La bonne nouvelle est que la majorité des attaques suivent encore des schémas très prévisibles. Voici 10 résolutions concrètes pour réduire significativement leur probabilité et leur impact.

1. L’identification au centre de la stratégie de sécurité
En 2025, 90% des attaques réussies ont commencé par le vol ou l’abus d’identifiants (Verizon DBIR 2025). Si un attaquant peut se connecter en tant qu'utilisateur légitime, les défenses périmétriques traditionnelles n'offrent pas de protection. Le phishing (« hameçonnage ») et la réutilisation d'identifiants reste à l'origine de nombreux incidents à fort impact dans tous les secteurs : le cas très médiatisé du ministère de l’Intérieur en décembre 2025 n’est pas isolé et il n’est certainement pas le plus grave.

La compromission des identifiants professionnels reste l'une des méthodes d'attaque les plus efficaces, car elle exploite la confiance humaine plutôt que les faiblesses techniques, contournant souvent les outils de sécurité grâce à l'urgence, l'autorité et l'ingénierie sociale. Dans une organisation de plusieurs milliers de personnes, et malgré les formations, un pourcentage résiduel des cibles se fait encore inévitablement berner.

Résolution 1 : Imposez le MFA (authentification multifactorielle) à tous les utilisateurs, et pas seulement aux administrateurs. Éliminez les comptes partagés et imposez des identités uniques pour les employés, les sous-traitants et les partenaires. Cela réduira aussi considérablement les mouvements latéraux après une compromission initiale.

Résolution 2 : formez toutes les équipes à se prévenir du phishing ne suffit plus. Vérifiez pas à pas que les processus les plus sensibles, et notamment les paiements ou les changements de RIB, ne peuvent être piratés en cas de vol d’identifiant.

Résolution 3 : supprimez les droits d'administrateur local par défaut afin de réduire la surface d’attaque. Limitez les outils privilégiés ainsi que le Shadow IT et assurez-vous de savoir détecter toutes les activités suspectes ou anormalement volumiques.

2. Testez et corrigez en priorité les failles les plus fréquemment exploitées par les pirates
Les équipes de sécurité opérationnelle reçoivent au quotidien énormément d’information sur les vulnérabilités les plus récentes. Il est très difficile pour eux de toutes bien les qualifier.

Mais de fait, Les attaquants exploitent en masse les mêmes 10 vulnérabilités (CISA, 2025), souvent des failles anciennes (ex : Log4j, ProxyShell) : ils répètent en masse (et souvent de façon automatisée par de l’intelligence artificielle) un petit sous-ensemble de failles faciles à exploiter, et même longtemps après la mise à disposition des correctifs car les délais moyens de correction dépassent 200 jours pour les failles critiques. 80% des incidents exploitent des vulnérabilités connues et non corrigées (ENISA, 2025).

Cela implique aussi vos partenaires, qui peuvent être vos maillons faibles. Exigez des garanties de sécurité de vos fournisseurs critiques et surveillez les accès qu'ils possèdent sur votre propre réseau. En 2025, 40% des attaques sont passées par un partenaire (Gartner).

Résolution 4 : mettez en place très régulièrement des tests de pénétration (« pentests ») et assurez-vous que le patching des failles de vulnérabilité soit correctement priorisé dans votre organisation. Alignez les délais de correction sur les informations réelles concernant les menaces.

3. Passez au « Zero Trust »
Le modèle "ne jamais faire confiance, toujours vérifier" est devenu la norme. Cela implique d’isoler les segments du réseau (notamment entre l'informatique de bureau et les systèmes de production) pour empêcher les mouvements latéraux des attaquants.

En 2025, les attaques internes ont augmenté de 50% (Ponemon Institute).. Ces menaces sont plus difficiles à détecter car elles utilisent des identifiants et des systèmes légitimes.

Résolution 5 : initiez le remplacement des traditionnels VPN par un dispositif d’accès isolant les segments du réseau, c’est la « microsegmentation ». C’est devenu la norme aux Etats-Unis car tous les fournisseurs de l’Etat Fédéral ont été forcés à s’y mettre, ainsi que leurs propres fournisseurs (Mémorandum Biden 2022).

Resolution 6 : surveillez le comportement des utilisateurs, appliquez l'accès avec le moins de privilèges possible et revoyez régulièrement les droits d'accès. Le risque interne doit être traité comme une discipline de sécurité fondamentale.

4. Fiabilisez votre plan de continuité d’activité (PCA)
Nulle organisation n’est à l’abri d’une attaque. La plupart des organisations disposent d'un plan de continuité d’activité, ce qui est obligatoires pour toutes les entreprises soumises à la directive NIS2 ou à la réglementation DORA. Pourtant seules 30% des entreprises testent leur PCA en conditions réelles (ENISA, 2025), en impliquant la direction, les cadres, les responsables de la communication, devant tous agir sous pression.

Les sauvegardes sont une cible prioritaire des attaquants. Trop d’entreprises découvrent leurs faiblesses lors d’une crise réelle, lorsque la restauration est incomplète ou impossible.

En 2026, il faut intégrer le fait que les hyperscalers peuvent faire défaut, à l’instar du plus important d’entre eux, AWS, en octobre 2025. Il faut donc absolument éviter de sauvegarder les données vitales stockées sur un cloud sur un autre cloud, également du fait des nouvelles menaces internationales.

Résolution 7 : vérifiez qu’il existe des sauvegardes hors ligne et immuables (protégées des ransomwares) et effectuez régulièrement des tests de restauration, avec des processus documentés.

Résolution 8 : à l’instar des grandes organisations soumises à NIS2, créez un guide simple (format papier !) couvrant la première heure d'un cyberincident majeur et faites un test « grandeur réelle » d’une inaccessibilité à tous vos moyens digitaux afin de récupérer le « Minimum Viable Business » (MVB). Cela implique la restauration des applications vitales sur site distant, la reconstruction des postes de travail… mais aussi de savoir communiquer dans l’entreprise sans Outlook.

5. Intégrez les nouvelles menaces, IA et quantique
Depuis 2024, l’intelligence artificielle a pris une place très importante dans les entreprises, ce qui implique de nouvelles menaces. Pour interroger l’IA, les utilisateurs peuvent être tentés de sortir à l’extérieur, de façon non protégées, des données très sensibles. Les moteurs d’IA peuvent être corrompus, frauduleusement ou non, et donner des réponses nuisibles à l’entreprise.

L’IA est également utilisée par les assaillants, et notamment via des attaques « hybrides » combinant mails, appels téléphoniques « deepfake », attaques logiques… Ce qui implique également d’utiliser l’IA de façon défensive, comme nous le détaillons dans un article récent, non seulement dans la sécurité opérationnelle (SOC, SIEM, sondes, EDR…), mais aussi dans la logique de réponse à incident.

Enfin, nous savons d’ores-et-déjà que les cryptages classiques actuels de nos données seront à assez court terme facilement cassés par des ordinateurs quantiques. Certains acteurs malveillants pratiquent déjà le “harvest now, decrypt later”.

Résolution 9 : Intégrez l’IA dans la cybersécurité : l'usage des IA génératives doit se faire sans fuites de données sensibles, déployez des outils de détection capables de contrer les attaques elles-mêmes pilotées par IA (deepfakes, phishing automatisé).

Résolution 10 : Anticiper le risque quantique en identifiant et en protégeant spécifiquement les données de votre entreprise qui resteront durablement secrètes, et préparez la transition vers des algorithmes post-quantiques (ex : Kyber, Dilithium) pour protéger toutes vos données à terme.

En conclusion
L’objectif clé n’est pas de réaliser une énieme roadmap, mais d'executer rapidement les mesures de cybersécurité critique. Les principaux incidents de 2025 n’étaient pas liés à des menaces inconnues mais à des actions tardives.

Plusieurs organisations qui avaient différé le renforcement de leur mécanisme d'identification, la correction de vulnérabilités connues ou les tests de leur PCA en ont payé le prix. Celles qui ont agi vite ont limité les dégâts, accéléré leur reprise d'activité et conservé la confiance de leurs clients. En 2026, la cybersécurité ne doit plus être vue comme un centre de coût, mais comme le moteur de la confiance numérique et de la pérennité de votre organisation !

Adresse

5 Rue Bellini
Puteaux

Téléphone

+33612200089

Notifications

Soyez le premier à savoir et laissez-nous vous envoyer un courriel lorsque Exiptel publie des nouvelles et des promotions. Votre adresse e-mail ne sera pas utilisée à d'autres fins, et vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Partager