01/05/2026
Réforme fiscale au Maroc : une nouvelle ère entre équilibre, pression et transformation
Depuis environ trois ans, l’ensemble des acteurs a constaté des évolutions importantes et structurelles en matière fiscale. Chaque année, des modifications significatives sont introduites : révision des taux, ajustement des retenues à la source, modifications des exonérations, etc. Les circulaires fiscales sont devenues de plus en plus volumineuses, dépassant souvent 80 pages, alors qu’avant 2023 elles n’excédaient généralement pas une trentaine de pages.
Cette dynamique traduit un changement profond des règles du jeu fiscal, qui continuent d’évoluer dans le temps. Les professionnels, notamment les comptables, doivent s’adapter en permanence à ces transformations, parfois mises en œuvre de manière progressive, ce qui complexifie davantage leur application.
📌 Origine des réformes
Ces changements trouvent leur fondement dans la loi-cadre n° 69-19 relative à la réforme fiscale, promulguée en 2021. Cette loi a instauré un ensemble cohérent de mesures visant la refonte, l’harmonisation et la modernisation du système fiscal marocain. Elle constitue ainsi la base des nouvelles orientations fiscales.
🔹 1. Impôt sur les sociétés (IS)
La réforme de l’IS a débuté avec la Loi de Finances 2023 et s’étale progressivement sur la période 2023-2026.
L’objectif principal est l’unification du taux d’imposition :
20 % pour la majorité des entreprises
35 % pour les sociétés réalisant un bénéfice supérieur à 100 millions de dirhams
40 % pour les établissements financiers (banques, assurances)
Par ailleurs, le taux de retenue à la source sur les dividendes fait l’objet d’une réduction progressive, passant de 15 % à 10 % à l’horizon 2027.
🔹 2. Taxe sur la valeur ajoutée (TVA)
La réforme de la TVA est également progressive sur la période 2024-2026.
Elle se caractérise principalement par :
L’introduction de deux taux unifiés : 10 % et 20 %
Le renforcement du principe de neutralité fiscale
L’instauration d’exonérations sur certains produits de première nécessité afin de soutenir le pouvoir d’achat des ménages
🔹 3. Impôt sur le revenu (IR)
Les mesures introduites en 2025 visent principalement à alléger la pression fiscale sur les salariés :
Révision du barème de l’IR
Exonération totale des pensions de retraite de base à partir de 2026
Ces réformes s’inscrivent dans une vision globale de modernisation du système fiscal marocain, avec une mise en œuvre progressive nécessitant une veille constante de la part des professionnels.